Association AQAEB - Le Bouscat 

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UN GRAND RÉSISTANT : Georges LAFONT

 




Hommage à un grand résistant : Monsieur Georges LAFONT, mort en déportation en 1944.

Poème publié avec l'accord de sa fille.


C'est celui de ma rue et je viens rendre Hommage.
D'abord à Celui-ci, car en sachant beaucoup.
Sur cet Homme d'Honneur, son action jusqu'au bout,
Semblables, associant, écrivant mêmes pages.

  J'ai rencontré témoin, quelque personne aimable,
Voulant en savoir plus : elle m'a raconté.
Sur son père trahi, l'exacte vérité,
Récit de son enfant, un destin effroyable :

  « Hunter » fut le réseau, le premier de mon père,
En Résistance entré comme agent de liaison.
Puis il choisit « Brutus », ce mot plein d'émotion.
Pour moi, ce mot « Brutus », l'illustre en cette guerre,

  Donnant renseignements, sabotant voies ferrées.
Et harcelant convois et détruisant les ponts,
Bien des routes coupant par les vaux et les monts,
Pourchassant l'Allemand en la France brisée.

  Le voilà dénoncé par quelque triste engeance.
Soit quelques « bons français » à jamais ignorés,
Jeté au fort du Hâ, puis pour se retrouver.
A monstrueux Dachau, haut lieu de la souffrance.

  Je n'en dirai pas plus sur un tel Fils de France,
Semblable à nos meilleurs, tous ces vrais Résistants.
Et qui sont notre Honneur, l'ennemi méprisant.
Au péril de leur vie, tout remplis de vaillance.

  Les muses n'ont donné, parait-il le meilleur.
Pour chanter ce Grand Homme, alors ma plume est là,
Il est dans ma Mémoire et Il le restera,
Puissiez-vous, comme moi, honorer sa Grandeur.

Jean SAURÉ
(36 poèmes bouscatais)



 

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LES MARAIS DE BRUGES

 

Je m'y rends bien souvent, en toutes les saisons,
Car c'est havre de paix, suivant la longue allée.
Paisibles sont les gens, dessous les frondaisons
Qui nous voilent soleil en les chaudes journées.

Et j'aime ce silence, une profonde paix,
Toute emplie de fraîcheur, loin de foule oubliée
Ces foules de nos temps, qu'on n'évite jamais,
Que l'on trouve partout sur nos voies encombrées !...

...Bien sûr, par seulement, ici et là, ailleurs,
Je ne veux insister... Le sourire est affable
Au passant qui vous croise. Ici, tout est bonheur,
Tout au long de l'allée en la nature aimable.

Elle est vraie, elle est pure, elle est tout mon repos,
J'y viens pour oublier, me changer des pensées.
M'accompagnent des fleurs, buissons et tant d'oiseaux
Qu'on voit s'ébattre au loin, glissant ou en plongées.

Et j'y viens m'amuser, regardant poules d'eau,
Ces minces oiseaux noirs qui soudain disparaissent...
Mais où sont-ils passés et les chercher... j'ai beau !
Ah !! Les voila plus loin, à la pêche sans cesse !

Tant de canards partout, qui sont ici chez eux,
Pas seulement ceux là, toute la gent ailée
Faut il vous les nommer, moi qui en sais bien peu
En dehors des hérons, aigrettes éloignées.

Souvent ils sont au loin pour vivre leur bonheur,
Barbotant, s'ébrouant, isolés ou en bandes,
J'ai dit glissant, plongeant, sans relâche et sans peur,
Volant, majestueux et comblant ma demande.

En silence profond, je resterais longtemps,
En la douce pénombre, accoudé à la fente
De cet abri tout frais face au tableau vivant,
Paisible sous mes yeux. Heure ô combien charmante !

C'est toujours à regret que je quitte les lieux.
Un ragondin soudain, dans quelque flaque plonge,
Paisible, indifférent, il est là sous mes yeux,
M'accompagne au chemin, dans le ruisseau qu'il longe.

Ô vous marais d'ici qui échappez au temps
Nos temps bien bousculés, nature préservée,
Celle de ma jeunesse, elle que j'aimais tant
Avec tous ses oiseaux et ses fleurs oubliées !...

Je viens retrouver là, dans le calme et beauté
Ces instants les plus forts en la simple nature.
Eux seulement, pour moi, ne sont que Vérité,
Sous les arbres, sur l'eau, pour des joies les plus pures !...

Jean SAURÉ
Lauréat 2009 de la banque populaire du Sud Ouest
Poèmes écologistes



 

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MAIS BON DIEU, QUELLE CIVILISATION

 

Avez-vous observé ce monde des Fourmis
Ces insectes petits et qui vont et qui viennent,
Toujours très agités, Pilant là et ici,
Travailleurs incessants... Mais qu'à cela ne tienne !...

.. Ils s'arrêtent parfois, comme pour un salut,
Car on le dirait bien !... Mais tôt reprend l'allure,
Infatigables donc et poursuivant leur but,
Je les vois s'aligner de façon la plus sûre...

... Tout au long de ce mur en deux sens inversés
Et impeccablement... Quelquefois ils s'égarent,
Dispersés ici, là, en de quelques côtés :
A l' homme, j'ai pensé, filant doux ou dare-dare.

On peut le voir partout, au long de ses chemins,
Routes enchevêtrées, croisées, superposées,
Roulant dans tous les sens et du soir au matin,
Et du matin au soir, en toutes ses journées.

Mais bon dieu, que de monde, autos, camions, motos
Ô civilisation ! La France est sur la route !...
Qui est à l'atelier ? Qui donc est au bureau ?
Mais qui travaille donc ? En moi s'installe un doute !...

Ça bouchonne partout et on n'avance plus,
On attend au soleil ou au Froid, sous la pluie,
Bref à chaque moment et moi, je n'en peux plus I...
Car que sont donc ces Temps et qu'est donc cette Vie ?

C'est un monde de fous ! On s'y est habitué,
Peu à peu, lentement et c'est bien notre « chance »,
On n'en fait plus de cas, dans les mœurs, c'est entré :
On vit, il faut le dire, en complète démence !...

Mais on s'étonnera de semblables propos,
Je n'en doute un instant ! L'homme et ses transhumances
A toute heure du jour: sons doute tant s'en faut !
Il s'est fait à cela, pour moi, oui, c'est démence !...

Jean SAURÉ

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